Oeuvres récentes

La couleur vécue

Documentation

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1998 coup d'oeil - Glance, Claude Bellegarde

Coup d’œil
1998, 41 x 33 cm
nitrocellulosique sur toile

1998 L'œil d'origine - The original eye, Claude Bellegarde

L’œil d'origine
1998, 65 x 38 cm
acrylique sur toile
Collection privée

Couleur du regard1997–2001

Le regard antérieur, 1998 - Claude Bellegarde

Le regard antérieur
1998, 100 x 100 cm
nitrocellulosique sur toile
Collection privée

Au fond de l’œil, est tapi ce regard antérieur, composite d’une multitude d’insectes, d’animaux, d’humains. Pétri de forces élémentaires. Le flux des couleurs, en des milliers de tonalités chaudes ou froides, traverse le globe oculaire pour se répandre dans une aire du cerveau qui filtre le signifiant des couleurs.… CLAUDE BELLEGARDE: JOURNAL

ABDELKEBIR KHATIBI « MÉTAMORPHOSES DE LA COULEUR » EXPOSITION RÉTROSPECTIVE ITINÉRANTE AU MAROC, PRÉFACE DU CATALOGUE, PARIS 1999

Bellegarde est avant tout un artiste, un chercheur, un explorateur des limites entre la vie et l’art, la peinture et les autres arts (la musique en particulier), l’art et la technique, la technique et ses virtualités formelles et sensitives: en témoignent les cabines de chromothérapie qui rendent compte des répercussions médicales sur l’homme et ses maladies.

À suivre son itinéraire, ses étapes successives et expérimentales, on est frappé par l’extraordinaire fidélité de Bellegarde à soi-même: on dirait qu’il désire inventer sa vie. Non seulement la justifier, l’exprimer, la signifier, mais la libérer de la mort, ou du moins se réconcilier avec sa face invisible. Cette liberté d’esprit et cette manière si grave de se donner à son œuvre me bouleversent et m’intriguent.

Il y a, chez lui, un langage codé de la couleur, une sorte d’insertion spirituelle à l’ordonnance du monde, du cosmos, selon les degrés d’une initiation continue qui change de registre et de référence (tantôt l’astrologie ou la psychologie, tantôt la mystique orientale ou la technique ou bien encore la médecine). Elle change d’intensité, en mettant en scène soit l’énergie abstraite du corps et de la vie irradiée, soit la sensibilité du geste, du son et de l’image.

Mais derrière les nouveaux mondes que Bellegarde repère à travers le mouvement coloré de l’être, il convient de regarder de près la progression de l’œuvre vers ses turbulences intimes, vers le tourbillon du dedans.

…La couleur de notre regard est une lumière intérieure impalpable, le reflet de notre image. Le canal de nos émotions, mais aussi de notre réflexion. Le regard aussi est un choix… et le choix des couleurs nous révèle. … CLAUDE BELLEGARDE: JOURNAL