Oeuvres récentes

La couleur vécue

Documentation

1991 la terre - the earth, ink on Hanji paper, Claude Bellegarde

La terre
1991, 68 x 95 cm
encre sur papier Hanji
Collection privée

Marine et volcanique1989–1999

Le Braisier-The Inferno 1990 - Claude Bellegarde

Le Braisier
1990, 130 x 195 cm
nitrocellulosique sur toile
Collection privée

Voir, contempler le monde dans son espace fluide, dans sa matière opaque terrienne, où s’accumulent et s’insèrent des myriades de structures pesantes ou graciles, des textures compactes ou bien fragiles, sèches ou humides, des formes dures, aiguës ou des courbes molles juxtaposées, superposées, chaotiques ou régulières. … CLAUDE BELLEGARDE: JOURNAL

PIERRE CABANNE « TELLURIQUE » GALERIE LAROCK-GRANOFF, PRÉFACE DU CATALOGUE, PARIS, 1995

Bellegarde parle de la terre comme de la dernière mythologie, mais une mythologie vivante; pour approcher de plus près ses mouvements, il est allé à Hawaï dont les volcans de la Grande Île l’attiraient en une sorte de promesse d’osmose.

Le Mauna Loa est en activité et sa dernière éruption, en mars 1984, dura vingt-deux jours; celles du Kilaurea sont moins fréquentes, c’est pourtant lui qui abrite la déesse Pelée dont les pieds remuent sans arrêt et à laquelle on apporte des offrandes pour qu’ils ne remuent pas trop fort; certains assurent que ses sautes d’humeur, qui peuvent être catastrophiques, sont des poussées de jeunesse car la Grande Île n’a que cinq cent mille ans.

Bellegarde, qui s’est approché le plus près possible des cratères en fusion, a su recréer, par la couleur et la puissance qu’il donne à ses toiles, la violence de l’éruption volcanique, sa soudaine poussée explosive et l’irrésistible glissement, à l’hallucinante impétuosité, de la coulée de lave déboulant vers la mer où elle se fige en énormes remous noirâtres dans une brume de feu. Parfois la lave pulvérisée se transforme en sable et s’étale en longues plages sombres où brille par endroits l’éclat de l’olivine verdâtre.

…Lorsque la lumière prend corps dans la matière, la couleur se concrétise par agglomérats successifs. En épousant la forme, elle irradie par un mouvement qui part du centre et rayonne dans toutes les directions… CLAUDE BELLEGARDE: JOURNAL