Oeuvres récentes

La couleur vécue

Documentation

1967 sagittaire - Claude Bellegarde

Sagittaire, d'une serie de douze signes du zodiaque
1967,100 x 117 cm
acrylique sur carton

Espace-Rite-Couleur- Steve lacy performing Myrtho et free music, Galerie Annick Le Moine, Paris

Espace-Rite-Couleur, 1975
Mise en scène Claude Bellegarde.
Musique « Myrtho et free music » Steve Lacy
Galerie A. Le Moine, Paris

Nature humaine1967–1976

In praise of madness 1969 - Claude Bellegarde

L’Éloge de la Folie
1969, 130 x 200 cm
nitrocellulosique sur toile
Collection privée

Les « natures humaines » enfantèrent des « méditations organiques ». Le corps de la couleur était devenu la couleur du corps analogique. Aucune emblématique ne reconnaît plus la matérialité. La couleur corpusculaire, ondulatoire accolée sans nuance au substrat, ne justifiait plus une fonction mythique. Le mystère de vie illuminait au cœur des ténébres la chair mise à vif… CLAUDE BELLEGARDE: JOURNAL

JEAN-CLARENCE LAMBERT « RÉTROSPECTIVE CLAUDE BELLEGARDE » MUSÉE D’ART MODERNE, PRÉFACE DU CATALOGUE, PARIS 1971 (extrait)

Ce que nous propose Bellegarde, c’est bien l’établissement de relations particulières entre des valeurs subjectives (puisqu’il ne cesse jamais d’être peintre) et des valeurs collectives ou même cosmiques. Au plus récent stade de son travail, les natures humaines organisent le discours chromatique en lui donnant une totalité nouvelle qui, cette fois, pourrait bien être morale.

OLIVIER KAEPPELIN « LES ORGANES ÉLECTRIQUES » REVUE EXIT, PARIS 1973

Les couleurs de Claude Bellegarde sont là, elles nous aspirent dans leur matérialité. Nous sommes bleu, jaune, sentimental, fou. La ville vit de couleurs qui éclatent aux croisements, dans les cris, dans le silence des retours le soir. Il ne s’agit pas de rouge ou de vert, à aimer ou à rejeter.

Nous sommes les couleurs, leur rythme, leurs battements ou leur froid. Bellegarde vient les chercher au plus profond de nous, au creux du sexe, dans leur électricité, leur propagation. Elles se déploient, enveloppent le corps, des yeux jusqu’aux organes dressés, à travers de larges ondes qui allument la secousse, ou passent, lentes, lointaines.

Devant l’angoisse ou le plaisir, quand l’homme s’accroche à la vie, que son corps le dépasse, l’univers s’étrangle, s’ouvre sur des vibrations et des couleurs qui l’engloutissent et le métamorphosent.

… Je ne sais si l’œil écoute ou l’oreille voit, mais que de fois tel placage d’accord m’a permis de poser sur la toile le ton juste! Les peintres coloristes, de Kandinsky à Matisse, ont tous compris et ressenti ce jeu d’interférences, ces relations ondulatoires. Sans renier la musique classique que j’apprécie, j’ai opté pour la musique de mon temps, le jazz.… CLAUDE BELLEGARDE: JOURNAL